Ghost in the Shell est un manga de Masamune Shirow publié au Japon de 1989 à 1990 et disponible en France chez Glénat. En 2029, la major Kusanagi et la Section 9 traquent le Marionnettiste, un pirate capable de prendre le contrôle des cerveaux connectés. Adapté au cinéma en 1995 par Mamoru Oshii, il a inspiré Matrix et une grande partie de l’imaginaire du hacking.
Bien avant les objets connectés, Masamune Shirow imaginait des humains dont le cerveau était relié au réseau, et donc piratable. Plus de trente ans après, ses intuitions sont devenues des sujets de cybersécurité bien réels.
Sommaire
- L’histoire de Ghost in the Shell
- Un manga qui a façonné le cyberpunk
- Pirater le corps humain, de la fiction à la réalité
- Usurpation d’identité et manipulation
- Fiche du manga et conseils de lecture
L’histoire de Ghost in the Shell
2029. La plupart des humains ont un cerveau relié au réseau, et beaucoup vivent dans un corps en partie artificiel. La major Motoko Kusanagi, presque entièrement cyborg, dirige une unité de police d’élite, la Section 9, chargée des crimes informatiques.
Son adversaire, surnommé le Marionnettiste, pirate le « ghost » de ses victimes, autrement dit leur conscience. Il modifie leurs souvenirs et les manipule sans qu’elles s’en rendent compte. L’enquête mène Kusanagi à s’interroger sur sa propre identité. Nous ne dévoilerons pas qui se cache derrière le Marionnettiste.
Un manga qui a façonné le cyberpunk
Publié dans le magazine Young Magazine de 1989 à 1990, le manga devient culte avec son adaptation en film d’animation par Mamoru Oshii en 1995. Les réalisateurs de Matrix ont reconnu s’en être inspirés, jusqu’aux célèbres lignes de code vertes qui défilent. Hollywood en a tiré un film avec Scarlett Johansson en 2017, et la licence compte aujourd’hui plusieurs séries animées. Retrouvez Matrix et d’autres classiques dans notre sélection de films sur la cybersécurité.
Pirater le corps humain, de la fiction à la réalité
Le cerveau connecté reste de la fiction, mais les appareils médicaux connectés sont bien réels, et ils ont déjà présenté des failles. En 2017, les autorités sanitaires américaines ont demandé la mise à jour de près de 465 000 stimulateurs cardiaques du fabricant Abbott, à cause d’une faille qui pouvait permettre de modifier leur fonctionnement à distance. En 2016, Johnson & Johnson a prévenu les patients qu’une de ses pompes à insuline pouvait être piratée.
Aucune attaque réelle contre un patient n’a été signalée dans ces deux cas, mais ils montrent que la sécurité des objets connectés concerne aussi la santé. Les fabricants doivent désormais prévoir des mises à jour de sécurité, comme pour un téléphone.
Usurpation d’identité et manipulation
Le Marionnettiste ne force pas les systèmes : il trompe les personnes en leur faisant croire à de faux souvenirs. C’est exactement le principe de l’ingénierie sociale, qui consiste à manipuler quelqu’un pour qu’il ouvre la porte à l’attaquant. Les deepfakes, ces vidéos et voix truquées par l’intelligence artificielle, poussent cette logique encore plus loin. Les définitions de ces termes sont dans notre lexique de la cybersécurité.
Fiche du manga et conseils de lecture
| Titre | Ghost in the Shell |
| Auteur | Masamune Shirow |
| Parution au Japon | 1989 à 1990, Kodansha |
| Édition française | Glénat, Perfect Edition en 3 tomes depuis 2017 |
| Genre | Cyberpunk, policier |
| Pour qui | À partir de 15 ans, en raison de scènes violentes et de nudité |
La Perfect Edition de Glénat réunit le manga d’origine et ses deux suites, Man-Machine Interface et Human-Error Processor. Pour découvrir l’univers sans lire, le film de 1995 reste la meilleure porte d’entrée. Retrouvez nos autres livres et BD sur la cybersécurité, dont Les Enquêtes de Seven.
Sources
Kodansha, Glénat, Journal du Geek.
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