Watch Dogs : ce que la série d’Ubisoft dit vraiment du hacking
Watch Dogs est une série de trois jeux vidéo de l’éditeur français Ubisoft, sortis en 2014, 2016 et 2020, où le joueur pirate une ville entière depuis son smartphone. Les attaques montrées s’inspirent de failles réelles, comme le piratage de feux tricolores, de voitures ou de caméras connectées, mais leur facilité relève de la fiction. Les trois jeux sont classés PEGI 18.
Feux rouges qui passent au vert, caméras détournées, comptes bancaires vidés d’un geste : Watch Dogs a popularisé l’image du hacker capable de contrôler une ville. Voici ce que la série montre de vrai, et ce qu’elle invente.
Sommaire
- La série Watch Dogs en bref
- Pirater une ville connectée : ce qui est vrai
- Ce qui relève de la fiction
- Surveillance et données personnelles, le vrai sujet de la série
- À partir de quel âge jouer à Watch Dogs ?
- Pour aller plus loin
La série Watch Dogs en bref
| Jeu | Sortie | Ville | Héros | Supports |
|---|---|---|---|---|
| Watch Dogs | 27 mai 2014 | Chicago | Aiden Pearce, justicier solitaire | PC, PlayStation 3 et 4, Xbox 360 et One, Wii U |
| Watch Dogs 2 | 15 novembre 2016 | San Francisco | Marcus Holloway et le collectif DedSec | PC, PlayStation 4, Xbox One |
| Watch Dogs: Legion | 29 octobre 2020 | Londres | N’importe quel habitant recruté par DedSec | PC, PlayStation 4 et 5, Xbox One et Series |
Dans les trois jeux, la ville est gérée par un système informatique central, le ctOS dans les deux premiers, qui relie feux, caméras, réseaux électriques et données des habitants. Le joueur détourne ce système contre ceux qui l’utilisent pour surveiller la population.
Pirater une ville connectée : ce qui est vrai
Plusieurs piratages du jeu ont un équivalent réel :
- Les feux tricolores : en 2014, des chercheurs de l’université du Michigan ont montré qu’ils pouvaient prendre le contrôle d’un réseau de feux, faute de chiffrement et de mots de passe solides.
- Les voitures : en 2015, deux chercheurs ont pris à distance le contrôle d’une Jeep Cherokee, jusqu’à couper le moteur sur l’autoroute. Le constructeur a dû rappeler 1,4 million de véhicules.
- Les caméras et objets connectés : en 2016, le réseau de machines piratées Mirai a utilisé des centaines de milliers de caméras et de box mal protégées pour paralyser de grands sites web.
- Le réseau électrique : en décembre 2015, une cyberattaque a privé d’électricité plus de 200 000 foyers en Ukraine.
Le point commun de ces attaques est un appareil connecté laissé avec un mot de passe par défaut ou jamais mis à jour. C’est aussi vrai à la maison : nos conseils pour sécuriser sa maison connectée s’appliquent aux caméras, aux box et aux assistants vocaux.
Ce qui relève de la fiction
Dans le jeu, il suffit de viser une cible avec son téléphone et d’appuyer sur un bouton. En réalité, chacune des attaques citées a demandé des semaines, voire des mois de travail : repérer le matériel, trouver la faille, écrire le code, tester sans se faire repérer.
Le système unique qui contrôlerait toute une ville n’existe pas non plus. Les feux, l’électricité, les caméras et les banques reposent sur des réseaux séparés, gérés par des opérateurs différents. Un pirate qui entre dans l’un n’a pas accès aux autres. Enfin, le hacker solitaire et invisible est rare : la plupart des grandes attaques sont menées par des groupes organisés, souvent pour de l’argent.
Surveillance et données personnelles, le vrai sujet de la série
Derrière l’action, Watch Dogs parle surtout de surveillance. En scannant un passant, le joueur voit son nom, son métier, ses revenus ou ses problèmes de santé. Le jeu exagère, mais l’idée part d’une réalité : nos données sont collectées en permanence, par les applications, les réseaux sociaux et les courtiers en données qui les revendent.
Le débat existe aussi en France. Pour les Jeux olympiques de Paris 2024, une loi a autorisé à titre expérimental la vidéosurveillance algorithmique, qui analyse automatiquement les images des caméras. La CNIL encadre ces usages. Pour limiter ce que l’on laisse derrière soi, consultez notre liste des 7 informations personnelles à ne jamais diffuser.
À partir de quel âge jouer à Watch Dogs ?
Les trois jeux sont classés PEGI 18, en raison de leur violence, de leur langage et de certaines scènes. Ils ne sont donc pas destinés aux enfants ni aux jeunes adolescents, même si le thème du piratage les attire. L’association e-Enfance signale aussi la présence d’achats intégrés.
Pour un adolescent curieux de cybersécurité, mieux vaut se tourner vers des jeux sans violence, comme Hacknet, ou vers les défis CTF comme Root-Me, qui apprennent les vrais gestes du métier. Notre guide pour protéger ses enfants des dangers du numérique donne d’autres repères sur les jeux vidéo et les écrans.
Pour aller plus loin
Si Watch Dogs vous a plu, Hacknet propose une simulation de piratage bien plus réaliste, entièrement dans un terminal de commande. Uplink, sorti en 2001, reste le classique du genre. Retrouvez toute notre sélection sur la page Jeux sur la cybersécurité.
Sources
Ubisoft, PEGI, e-Enfance, Wired (piratage de la Jeep Cherokee, 2015), CNIL (vidéosurveillance algorithmique).
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