Assurance cyber pour les entreprises : garanties, prix et conditions d’indemnisation
Mis à jour le 19 octobre 2026
Une assurance cyber prend en charge les frais d’une cyberattaque : experts, restauration des données, pertes d’exploitation et responsabilité envers les tiers. Il faut compter environ 400 à 1 200 € par an pour une TPE, et 1 200 à 6 000 € pour une PME, selon l’activité et les protections en place. Les assureurs exigent désormais la double authentification et des sauvegardes testées, et toute indemnisation suppose une plainte dans les 72 heures.
Moins d’une entreprise française sur cent est couverte contre le risque cyber, alors qu’une attaque peut bloquer l’activité pendant des semaines. Voici ce que couvre réellement un contrat, ce qu’il coûte et comment le choisir.
Qu’est-ce qu’une assurance cyber ?
Une assurance cyber indemnise l’entreprise victime d’une cyberattaque ou d’une fuite de données, et lui fournit une assistance pour réagir. Elle existe sous deux formes. Le contrat dédié couvre largement les frais, les pertes et la responsabilité, avec une cellule d’urgence joignable jour et nuit. La garantie cyber ajoutée à une multirisque professionnelle est moins chère, mais ses plafonds sont souvent bas et elle exclut fréquemment les pertes d’exploitation ou la fraude au virement. Vérifiez ce que prévoit déjà votre contrat avant de souscrire.
Ce que couvre une assurance cyber
| Garantie | Exemple | Fréquence dans les contrats |
|---|---|---|
| Assistance d’urgence | Cellule de crise, experts techniques et juridiques dès l’alerte | Souvent incluse |
| Restauration des systèmes et des données | Remise en état des postes et serveurs après un rançongiciel | Souvent incluse |
| Pertes d’exploitation | Chiffre d’affaires perdu pendant l’arrêt de l’activité | Souvent incluse dans les contrats dédiés |
| Responsabilité civile | Réclamations de clients dont les données ont fuité | Souvent incluse |
| Notification et obligations RGPD | Information des personnes concernées, déclaration à la CNIL | Souvent incluse |
| Rançon | Remboursement d’une rançon payée | Rare, et soumise à une plainte dans les 72 heures |
| Fraude au virement et faux RIB | Virement détourné après une usurpation | Souvent en option |
Les exclusions les plus courantes sont les amendes, notamment celles de la CNIL, les attaques liées à un conflit armé, les failles connues mais non corrigées, et les sinistres antérieurs à la souscription. Lisez attentivement les conditions générales.
Combien coûte une assurance cyber ?
| Taille de l’entreprise | Prime annuelle | Plafond de garantie | Franchise |
|---|---|---|---|
| TPE, 1 à 10 salariés | 400 à 1 200 € | 100 000 à 250 000 € | 2 500 à 5 000 € |
| PME, 11 à 250 salariés | 1 200 à 6 000 € | 500 000 € à 2 millions € | 5 000 à 15 000 € |
| ETI, plus de 250 salariés | 6 000 à 15 000 € et plus | Plusieurs millions d’euros | Variable |
Ces fourchettes sont indicatives et proviennent de courtiers spécialisés. Le prix dépend surtout de l’activité (le commerce en ligne, la santé et la finance coûtent plus cher), du chiffre d’affaires et du niveau de protection. La double authentification, des sauvegardes isolées et testées et un antivirus avancé sur les postes font nettement baisser la prime. Leur absence peut au contraire la faire grimper, voire entraîner un refus.
Les conditions pour être indemnisé
Depuis la loi d’orientation du ministère de l’Intérieur de 2023, toute indemnisation liée à une cyberattaque suppose une plainte déposée dans les 72 heures après la découverte de l’attaque. Les assureurs vérifient aussi que les mesures promises lors de la souscription étaient bien en place : un questionnaire inexact peut conduire à un refus d’indemnisation. Déclarez le sinistre le plus vite possible, et n’engagez aucun prestataire ni aucune négociation sans l’accord de la cellule d’assistance. Ces bons réflexes sont détaillés dans nos 10 gestes d’urgence en cas de cyberattaque.
Comment choisir son assurance cyber
Avant de signer, vérifiez :
- le plafond global et les plafonds par garantie, souvent bien plus bas ;
- le montant de la franchise et le délai avant indemnisation des pertes d’exploitation ;
- la disponibilité d’une assistance jour et nuit, en français ;
- la couverture de la fraude au virement, souvent proposée en option ;
- les exigences de sécurité imposées et la date à laquelle elles doivent être en place ;
- les services de prévention inclus : diagnostic, formation des salariés, surveillance.
Nos conseils détaillés sont dans notre guide pour choisir une assurance cyber.
Comparer les offres d’assurance cyber
Le marché réunit les assureurs traditionnels, comme AXA, Hiscox, Allianz ou Groupama, et de jeunes assurtechs françaises spécialisées dans les PME, comme Stoïk ou Dattak, qui associent assurance et outils de prévention. Notre comparatif des assurances cyber détaille leurs garanties, leurs points forts et le profil d’entreprise auquel chacune convient.
Le marché de la cyberassurance en France
Selon l’étude LUCY 2026 de l’AMRAE, 20 996 entreprises étaient couvertes par une assurance cyber en 2025, soit 49 % de plus qu’un an plus tôt. Les microentreprises en représentent 9 360, un chiffre infime au regard de leur nombre en France. Les sinistres indemnisés ont presque triplé, à 1 251 dossiers pour 83,2 millions d’euros. Les tarifs baissent pour les grandes entreprises, mais ont augmenté de 51 % pour les petites entreprises.
Questions fréquentes
L’assurance cyber est obligatoire ?
Non, aucune loi ne l’impose. Certains clients ou donneurs d’ordre l’exigent toutefois de leurs fournisseurs dans leurs contrats.
Ma multirisque professionnelle me couvre ?
Parfois, de façon limitée. Vérifiez la présence d’une garantie cyber, son plafond et ses exclusions : les pertes d’exploitation et la fraude au virement en sont souvent absentes.
La rançon est remboursée ?
Seulement si le contrat le prévoit et si une plainte a été déposée dans les 72 heures. Payer une rançon reste déconseillé : rien ne garantit la récupération des données.
Une assurance cyber existe pour les particuliers ?
Oui, sous forme de contrats famille qui couvrent l’usurpation d’identité, le cyberharcèlement ou les achats frauduleux. Voir notre guide de la couverture cyber pour la famille.
Sources
- AMRAE, étude LUCY, édition 2026
- Code des assurances, article L12-10-1, issu de la loi n° 2023-22 du 24 janvier 2023 (LOPMI)
- Fourchettes de prix : courtiers spécialisés, 2026




