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Cyberharcèlement : reconnaître, réagir et se faire aider
Mis à jour le 24 octobre 2026
Le cyberharcèlement est un harcèlement répété par messages, réseaux sociaux ou jeux en ligne, puni par la loi jusqu’à 3 ans de prison, et jusqu’à 10 ans s’il s’agit de harcèlement scolaire ayant conduit à un suicide ou à une tentative. En cas de cyberharcèlement, il faut garder les preuves, signaler les contenus et appeler le 3018, gratuit 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h. Ce service peut faire supprimer un contenu en quelques heures.
Insultes en groupe, rumeurs, photos diffusées sans accord : le cyberharcèlement suit la victime jusque chez elle, sur son téléphone. Voici comment le reconnaître, réagir vite et faire valoir ses droits.
Qu’est-ce que le cyberharcèlement ?
Le cyberharcèlement consiste à répéter des propos ou des comportements blessants par des moyens numériques, au point de dégrader la vie et la santé de la victime. Il peut venir d’une seule personne qui insiste, ou d’un groupe dont chaque membre n’agit qu’une fois : la loi parle alors de raid. Il prolonge souvent un harcèlement qui commence à l’école, et ne s’arrête plus à la sortie des cours.
| Forme | Exemple |
|---|---|
| Insultes et menaces | Messages humiliants répétés, menaces en commentaires |
| Rumeurs | Fausse information diffusée dans un groupe de classe |
| Raid en groupe | Des dizaines de comptes visent la même personne en même temps |
| Diffusion d’images intimes | Photo partagée sans accord, montage truqué par l’IA |
| Sextorsion | Chantage à la diffusion d’une image pour obtenir de l’argent |
| Doxing | Publication de l’adresse, du numéro ou de l’école de la victime |
| Usurpation de compte | Faux profil créé au nom de la victime pour la ridiculiser |
| Exclusion | Mise à l’écart volontaire d’un groupe ou d’un jeu en ligne |
Certaines formes visent particulièrement les enfants, comme le grooming, quand un adulte se fait passer pour un jeune. Nous détaillons aussi le doxing et les deepfakes pornographiques.
Les signes qui doivent alerter
Un enfant victime en parle rarement de lui-même, par honte ou par peur de perdre son téléphone. Certains changements doivent alerter : il s’isole, évite l’école ou une activité qu’il aimait, dort mal, cache son écran ou sursaute à chaque notification. Ses notes peuvent baisser, et il peut paraître triste ou en colère après avoir consulté son téléphone. Aucun de ces signes ne suffit seul, mais plusieurs ensemble méritent une discussion calme.
Que faire en cas de cyberharcèlement ?
- Écouter sans juger ni punir, et rappeler que la victime n’est pas responsable.
- Garder les preuves : captures d’écran des messages, des profils et des publications, avec la date et l’adresse de la page.
- Signaler les contenus sur la plateforme, puis bloquer les auteurs une fois les preuves conservées.
- Appeler le 3018, qui conseille et peut faire supprimer les contenus.
- Porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie, même si l’auteur est mineur.
Un avocat peut accompagner la famille dans les démarches. Nous avons recensé les avocats spécialisés en cyberharcèlement.
Qui contacter ?
| Service | Pour quoi | Contact |
|---|---|---|
| 3018 | Écoute, conseil et suppression rapide des contenus, pour les jeunes et les parents | 3018, gratuit, 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h, chat et application |
| Pharos | Signaler un contenu illicite à la police | internet-signalement.gouv.fr |
| 17 | Danger immédiat, menace de passage à l’acte | 17 ou 112 |
| 119 | Enfant en danger, y compris dans la famille | 119, gratuit, 24 heures sur 24 |
| Commissariat ou gendarmerie | Porter plainte | Sur place ou par préplainte en ligne |
Depuis septembre 2023, le 3018 est le numéro unique contre le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement : il remplace le 3020. Retrouvez la liste complète des numéros à contacter.
Ce que dit la loi
| Situation | Peine maximale |
|---|---|
| Harcèlement moral, cas général | 1 an de prison et 15 000 € d’amende |
| Commis en ligne, ou sur un mineur de moins de 15 ans | 2 ans et 30 000 € |
| Deux circonstances réunies, par exemple en ligne sur un mineur de moins de 15 ans | 3 ans et 45 000 € |
| Harcèlement scolaire | 3 ans et 45 000 € |
| Harcèlement scolaire avec plus de 8 jours d’incapacité de travail | 5 ans et 75 000 € |
| Harcèlement scolaire ayant conduit à un suicide ou à une tentative | 10 ans et 150 000 € |
| Diffusion d’une image intime sans accord | 2 ans et 60 000 € |
Depuis la loi SREN de mai 2024, le juge peut aussi suspendre les comptes de l’auteur sur les réseaux sociaux pendant 6 mois, ou un an en cas de récidive. Un auteur mineur est jugé par la justice des mineurs, et ses parents peuvent devoir réparer le préjudice. Pour connaître les démarches, lisez notre article sur les recours en cas de cyberviolences.
Si votre enfant est l’auteur
Apprendre que son enfant harcèle un camarade est un choc, mais la réaction des parents compte beaucoup. Gardez votre calme et cherchez à comprendre : envie d’appartenir à un groupe, vengeance, ou simple méconnaissance de la gravité des faits. Expliquez les conséquences pour la victime et les risques pénaux, puis demandez-lui de supprimer les contenus et de présenter des excuses si c’est possible. Prévenez l’établissement scolaire, qui peut accompagner les deux familles.
Prévenir le cyberharcèlement en famille
La meilleure protection reste un enfant qui ose parler : promettez-lui qu’il ne sera pas puni s’il vous signale un problème. Réglez avec lui la confidentialité de ses comptes, pour que seuls ses amis voient ses publications. Rappelez qu’une photo envoyée peut être transférée et ne s’efface jamais vraiment. Un contrôle parental limite les contacts inconnus chez les plus jeunes. Pour aller plus loin, consultez notre guide pour protéger ses enfants des dangers d’Internet, ou lisez en famille Un printemps en moins d’Arnaud Dudek, un roman sur les conséquences d’un cyberharcèlement.
Sources
- Code pénal, articles 222-33-2-2, 222-33-2-3 et 226-2-1 (Légifrance)
- Loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 visant à sécuriser et à réguler l’espace numérique (SREN)
- CAF, 3018, le numéro d’e-Enfance
- Ministère de l’Éducation nationale, plan de lutte contre le harcèlement, septembre 2023