L'internet Mort : Y aura t-il bientôt plus rien de vrai sur Internet ?
Pendant longtemps, Internet a été perçu comme un immense espace de liberté, d’échanges et de connaissances. Forums, blogs, réseaux sociaux et sites d’information permettaient à chacun de s’exprimer et d’accéder à des contenus produits par de vrais humains. Pourtant, depuis quelques années, de plus en plus d’experts parlent d’un phénomène inquiétant : le concept de l’Internet mort.
Derrière cette expression volontairement choc se cache une réalité plus nuancée, mais bien réelle : une part croissante du contenu en ligne est artificielle, trompeuse ou manipulée, au point de rendre difficile la distinction entre le vrai et le faux. Fake news, faux comptes, commentaires automatisés, vidéos truquées… Le grand public, et en particulier les enfants et les parents, se retrouvent souvent démunis.
Cet article a pour objectif de comprendre simplement l’Internet mort, d’identifier ses dangers et de proposer des conseils concrets pour protéger les familles.
Qu’est-ce que le concept de l’Internet mort ?
L’Internet mort ne signifie pas qu’Internet a cessé d’exister. Il s’agit d’une théorie critique selon laquelle :
une grande partie du contenu en ligne est produite par des machines (bots, IA, algorithmes),
le contenu humain authentique est noyé sous une masse de contenus artificiels ou manipulés,
les plateformes privilégient ce qui génère de l’engagement, pas ce qui est vrai.
En pratique, l’Internet mort décrit un web où l’illusion de l’activité humaine remplace progressivement les échanges réels.
Le remplacement du vrai contenu par du faux
Fake news : la désinformation industrialisée
Les fake news ne sont pas nouvelles, mais leur ampleur a explosé. Elles sont aujourd’hui :
produites à grande échelle,
adaptées émotionnellement (peur, colère, indignation),
amplifiées par les algorithmes des réseaux sociaux.
Résultat : une information fausse peut se propager plus vite qu’une information vérifiée, et rester longtemps dans les esprits.
Comptes fake et armées de bots
Sur X (Twitter), Instagram, TikTok ou Facebook, une proportion significative des comptes sont :
des bots automatisés,
des faux profils imitant des humains,
des comptes destinés à influencer des opinions (politique, santé, consommation).
Ces comptes :
likent,
commentent,
partagent,
créant une fausse impression de consensus.
Vidéos fake et deepfakes
Les deepfakes représentent l’une des menaces les plus préoccupantes :
visages remplacés,
scènes inventées mais crédibles.
Il devient possible de faire dire ou faire faire n’importe quoi à une personne… sans qu’elle ne l’ait jamais fait.
Faux influenceurs : une popularité artificielle
Autre phénomène clé de l’Internet mort : les faux influenceurs. Derrière des profils parfois très séduisants se cachent :
des comptes entièrement automatisés,
des personnages fictifs générés par intelligence artificielle,
ou des profils humains dont la popularité est largement truquée.
Ces faux influenceurs achètent ou génèrent artificiellement :
des abonnés,
des likes,
des commentaires positifs.
Leur objectif est multiple :
vendre des produits de faible qualité,
diffuser des messages idéologiques ou commerciaux,
orienter les comportements (mode, santé, crypto, paris, complots).
Pour le grand public, et surtout pour les adolescents, le danger est réel : une forte audience n’est plus synonyme de crédibilité. Un influenceur peut sembler populaire, respectable ou expert, alors que son image repose sur une illusion numérique.
Faux commentaires et avis truqués
Avis clients, commentaires sous les vidéos, discussions sur les forums… Une partie importante de ces interactions est désormais :
générée automatiquement,
rédigée par des fermes à clics,
optimisée pour influencer les décisions.
Cela touche directement le quotidien : achats en ligne, choix d’un professionnel, confiance dans une information.
Pourquoi est-il devenu si difficile de savoir ce qui est vrai ?
Plusieurs facteurs se combinent :
La puissance de l’intelligence artificielle
textes réalistes,
images crédibles,
vidéos convaincantes.
Les algorithmes de recommandation
favorisent l’émotion plutôt que la vérité,
enferment dans des bulles d’opinion.
La fatigue informationnelle
trop de contenus,
pas assez de temps pour vérifier.
La disparition des repères
médias traditionnels contestés,
experts mis au même niveau que des inconnus.
Dans ce contexte, l’Internet mort n’est pas une panne, mais une perte de confiance collective.
Quels sont les risques pour les enfants et les adolescents ?
Les plus jeunes sont particulièrement exposés :
difficulté à distinguer le vrai du faux,
influence de faux modèles (influenceurs inexistants),
exposition à des contenus manipulatoires,
risque de manipulation idéologique ou commerciale.
Un enfant peut discuter pendant des mois avec un compte… qui n’a jamais été humain.
Aides et conseils pratiques pour les parents
1. Développer l’esprit critique, pas la peur
Plutôt que d’interdire :
expliquer comment fonctionnent les réseaux,
montrer que tout contenu a un objectif,
encourager le doute sain.
2. Apprendre à vérifier l’information
Gestes simples à transmettre :
croiser les sources,
vérifier la date et l’auteur,
se méfier des titres trop choquants,
utiliser des sites de fact-checking.
3. Parler des deepfakes et de l’IA
Expliquer que :
une vidéo peut mentir,
une voix peut être imitée,
une image peut être fabriquée.
4. Accompagner l’usage des écrans
paramètres de confidentialité,
temps d’écran adapté,
discussions régulières sur ce qui est vu en ligne.
L’Internet mort : mythe ou réalité ?
L’Internet n’est pas mort, mais il a profondément changé. Le danger n’est pas la technologie elle-même, mais l’absence de compréhension de ses mécanismes.
La meilleure défense reste :
l’éducation numérique,
l’esprit critique,
la transmission entre générations.
Face à la montée du faux, le vrai reste une responsabilité collective. Comprendre l’Internet mort, c’est reprendre le contrôle de notre attention et de notre jugement.
Parents, enfants, citoyens : chacun peut contribuer à un Internet plus vivant, plus humain et plus fiable.
Pour en savoir plus :





